Trois missions, une cohérence
Quand la CMAS s'est constituée officiellement en 2009, ses fondateurs ont fait un choix : ne pas disperser l'énergie du réseau en toutes directions, mais concentrer l'action sur trois missions complémentaires et cohérentes.
Ces trois piliers, mobilisation, sensibilisation, action concrète, ne sont pas nés d'un plan stratégique élaboré dans un bureau. Ils sont issus directement de l'expérience de terrain accumulée depuis 1998 : onze ans d'observations, d'essais, d'échecs et de succès ont montré ce qui fonctionne.
Premier pilier : la mobilisation
La mobilisation, c'est la vocation première d'une confédération : fédérer ce qui était dispersé.
Depuis 1998, des dizaines de collectifs agissaient indépendamment dans toute la France. Leurs forces étaient réelles, mais leur impact limité par le manque de coordination. La fondation de la CMAS en 2009 a créé le cadre dans lequel ces forces pouvaient se combiner.
Mobiliser, pour la CMAS, c'est concrètement :
- Connecter des collectifs qui ne se connaissaient pas encore
- Créer les conditions d'un apprentissage mutuel entre organisations d'expériences variées
- Représenter collectivement ce que chacun ne pourrait pas porter seul
- Maintenir la cohésion d'un réseau réparti sur tout le territoire national
La mobilisation ne signifie pas l'uniformité. Les collectifs membres gardent leur identité, leur autonomie, leur ancrage local. La CMAS est une confédération, pas un empire centralisé.
Deuxième pilier : la sensibilisation
La sensibilisation prolonge l'action de terrain dans l'espace public.
Ce que les fondateurs avaient compris dès 1998, c'est qu'on peut soigner des milliers d'animaux blessés, mais que si les causes de ces blessures ne sont pas traitées, comportements humains, aménagements du territoire, politiques publiques —, le travail est sans fin.
La sensibilisation de la CMAS s'adresse à plusieurs publics :
Le grand public : faire comprendre les enjeux de biodiversité, modifier les comportements quotidiens (gestion des pesticides, éclairage nocturne, coexistence avec la faune sauvage).
Les professionnels : former les intervenants animaliers aux meilleures pratiques, diffuser les protocoles développés depuis 1998, maintenir un haut niveau de compétence dans le réseau.
Les décideurs : peser dans les arbitrages institutionnels qui affectent les milieux naturels, plans d'aménagement, réglementations, allocations de ressources publiques.
Troisième pilier : l'action concrète
L'action concrète, c'est la raison d'être originelle du mouvement. Avant la sensibilisation, avant la mobilisation, il y avait l'urgence : un animal blessé, un milieu dégradé, une espèce menacée.
Depuis 2009, ces interventions de terrain sont organisées, documentées, et inscrites dans des programmes pluriannuels. Mais leur essence est la même qu'en 1998 : être là quand ça compte.
Les programmes d'action concrète de la CMAS comprennent :
- La coordination nationale des interventions d'urgence sur la faune sauvage
- Des programmes pluriannuels de surveillance et de protection d'espèces menacées
- Des opérations de restauration et de protection de milieux naturels
- Un réseau de centres de soin coordonnés et aux pratiques harmonisées
La cohérence des trois piliers
Ce qui fait la force de ces trois missions, c'est leur interdépendance. L'action de terrain nourrit la sensibilisation : on ne parle pas de théories, on parle d'animaux qu'on a tenus dans les mains, de milieux qu'on a parcourus. La sensibilisation alimente la mobilisation : des gens convaincus rejoignent le réseau et renforcent la capacité d'action. La mobilisation amplifie l'action concrète : plus le réseau est fort, plus les interventions de terrain sont efficaces.
Depuis 1998, ce cercle vertueux tourne. Depuis 2009, il tourne plus vite.